Jacques Fresco et le Venus project : Le monde moins les humains ?

Je viens de finir de voir ce documentaire…

Je ne vais pas trop toucher à la forme bien que l’utilisation quasi continue d’images de stock plus ou moins découplées du propos m’ait un peu gêné.

Je suis d’accord avec les constats qui y sont faits. Ces constats sont sensiblement toujours les mêmes chez les alternatifs (de droite comme de gauche…) : Inadéquation entre les politiques publiques et les enjeux environnementaux et sociaux, inégalités et mal-répartitions des biens, souci avec le système bancaire qui s’est arrogé le droit de frapper notre monnaie, obsolescence programmée, etc…. Avec ce qui me parait une originalité, l’idée que tout cela est lié à la pénurie.

Il faut donc changer. Soit.

En revanche, j’ai un souci sur les solutions. (Oui, c’est toujours là que les avis divergent…). J’aime bien l’idée d’une société basée sur l’abondance… Mais de quelle abondance s’agit-il ? Telle qu’elle nous est décrite dans cette vision, d’un abondance de biens et de technologies. Est-ce vraiment nouveau ? Je ne pense pas…

Il y aurait donc des lieux où l’ont pourrait se servir à l’envie. Le système productif devrait selon Fresco être reproportionné, agrandit. Il faudrait passer à une automatisation complète de la production (et des tâches bêtifiantes si j’ai bien compris) pour y arriver. Remplacement maximum des humains par des machines. Sur cette même ligne, il est proposé de ne pas rénover les villes mais de construire tout de neuf…

Est-ce vraiment la solution envisagée à la surconsommation et à l’épuisement des ressources non seulement pétrolières mais aussi, et surtout, minières ? Le rêve du MEDEF moins l’argent ? D’ailleurs, la solution proposée d’avoir des « senseurs » qui donnent des données sur les flux et les réserves existe déjà… On l’appelle Big Data…

Le plus étonnant, c’est que ce « plus de la même chose » s’appuie sur une citation attribuée à Einstein : « Nous ne pouvons résoudre des problèmes en utilisant les mêmes modes de pensées que ceux qui les ont engendrés. » (19e minutes.)… Un comble…

Jacques Fresco a également une phrase très importante, qui passe presque inaperçue (28’50) : « ça ne marcherait pas dans la culture actuelle. » Cette phrase est terrible car elle nous dit que ce système pour les humains a été pensé à partir d’être humains qui n’existent pas… (Je ne serait pas étonné que Fresco soit architecte ou ingénieur à la base mais pas sociologue…Oups, bingo…) Ce qui semble cruellement lucide : Centré sur l’idée (pas forcément vraie) que les pauvres veulent accéder à ce que les riches ont, il oblitère l’idée qu’une part du problème vient du fait que les riches ne lâcheront pas leur richesse si facilement… Quand bien même on ne leur prendrait pas mais qu’on se « contenterait » d’abolir l’argent. On aime l’égalité mais on adore les privilèges… Par exemple, les données du Big Data sont entre les mains d’un petit nombre, ne seraient-ce que parce que leur analyse et utilisation demandent des moyens faramineux…

Alors la phrase finale disant qu’il faudrait 10 ans pour changer la surface de la Terre résonne un peu différemment… 10 ans pour la surface de la Terre, c’est splendide… Mais combien de temps pour changer le fond des êtres humains ? Et d’ici là, que fait-on?

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