Les 3 raisons pour lesquelles le Gorafi, ça marche !

Depuis quelques mois, fleurissent sur le net, des sites de canulars. Le courrier des échos, le Gorafi, et j’en passe.  Ils ont du succès. Certains articles se sont répandus comme des traînées de poudre, sur les réseaux sociaux. Lus et  partagés des dizaines de milliers de fois. Et ce succès est probablement dû à plusieurs choses.

1) L’habit ne fait pas le moine mais il y contribue, surtout quand le moine est en slip.

Le point commun de ces sites est d’utiliser le style d’écriture vraiment journalistique (accroche racoleuse, expressions typiques…) pour produire de faux articles sur des sujets crédibles. Ainsi bien malin saurait dire si ces titres viennent du Figaro ou du Gorafi. Tant qu’une personne en a même fait un jeu. Essayez pour voir, c’est loin d’être si simple… Lequel des 2 a titré  » Assad : « Le Nobel aurait dû me revenir » / »Il meurt en sautant d‘un train en marche » / »Michael Bay attaqué par un climatiseur » / « Un chien diplômé d’une université en Angleterre » / Le mystère du yéti enfin résolu ? » ? Poussé par le besoin de faire de l’audience, les médias traditionnels se raccrochent de plus en plus souvent à des sujets qui n’auraient pas franchi le pas de porte de la conférence de rédaction il y a 15 ans. Les sujets fantaisistes n’ont alors plus beaucoup d’effort à faire pour leur ressembler…Pour la petite histoire les 5 ci-dessus sont tous du Figaro…

2) De nos jours, rares sont les personnes qui vérifient les sources.

Et il n’est pas seulement question ici de l’individu moyen. Les journalistes qui, sous la contrainte économique de la productivité doive produire rapidement des articles en sont là également. La plupart des « journalistes » ne produisent plus d’informations mais répètent celle qu’il trouve. Jacques Bourdin en n’a fait les frais récemment. Interviewant sa propre épouse, par ailleurs spécialiste de la géopolitique des pays de l’Est, elle l’a remis en place en lui reprochant de répéter quasiment mot à mot les dépêches de l’AFP elle-même répétant les dépêches de l’agence de presse gouvernementale russe. Résultat, des journalistes répètent les dépêches du Gorafi comme si c’était une nouvelle… Si des personnes dont l’essentiel du boulot se résume à copier et mettre en forme des nouvelles ne prennent pas la peine de vérifier ces informations, imaginons ce qu’il en est pour une personne lambda…

3) Nous avons tendance à croire qu’une information partagée par  un ou une amie, a été lue en entier et vérifiée.

C’est une question de confiance. Mais attention accorder sa confiance à quelqu’un ne signifie pas forcément qu’on accepte tout ce qu’elle dit…On ne le dira jamais assez : Vous êtes sur Internet alors doutez ! Croisez les sources, consultez wikipedia, doutez encore, lisez ce qu’en dit hoaxbuster quand ça parait sensationnel, vérifiez… Cela prend du temps (souvent peu) mais, c’est le prix à payer pour ne pas se ridiculiser ou ne pas prendre une décision erronée. Dans le doute, ne partageons pas l’info… L’espace public est déjà très suffisamment rempli pour ne pas y rajouter du bruit incertain.

Conclusion

De ce que l’on en voit , ces sites parodiques auront eu un effet positif. Désormais quand une nouvelle farfelue apparait sur les réseaux sociaux, il se trouve toujours une personne pour dire « Ce serait pas du Gorafi, ça ? ». Il serait sain qu’on commence à se le dire y compris quand ça parait moins farfelu. Car le mensonge, surtout par omission, n’est pas toujours grossier…

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