Fin de l’exercice : Vous pensiez avoir voté à gauche? Perdu!

La mondialisation solidaire au service de la croissance.

ou

L’exploitation des pays pauvres au service du maintien des inégalités dans les pays riches.

Les entreprises françaises évoluent dans un environnement économique marqué par une très grande incertitude, où chaque pôle de l’économie mondiale doit réviser son modèle de développement. Alors que la crise financière menace toujours, l’Europe mais aussi les Etats-Unis et le Japon doivent créer les conditions d’un retour durable à la croissance.

On ne sait pas trop ce que vont devenir les entreprises françaises en ce moment où l’économie doit trouver un moyen de rester dans le capitalisme.Alors que l’ancien modèle fonctionne comme à son habitude c’est-à-dire mal, les pays du Nord doivent trouver de nouveaux moyens de maintenir les inégalités tout en se débrouillant pour que le peuple ne se les remette pas trop en question.

Les grands pays émergents cherchent à rééquilibrer leur modèle de développement et à mieux assumer les responsabilités politiques, sociales et environnementales. L’Afrique a trouvé la voie d’une croissance forte. Tous doivent rechercher la voie d’une économie moins gourmande en ressources non renouvelables pour lutter contre le réchauffement climatique.

Mais les pauvres veulent de l’argent et veulent, en plus, gérer eux-mêmes leurs affaires. Il serait bien qu’ils suivent l’exemple de l’Afrique qui a trouvé le moyen d’endormir le peuple dans l’inégalité. D’autant qu’il être impossible d’utiliser du pétrole, parce que sinon, on n’est tous cuits.

La bataille pour la croissance ne se gagnera pas dans les limites de nos frontières. Pour retrouver toute sa place et rester maître de son avenir, notre pays a engagé le redressement de son économie et de ses comptes publics. Nous devons dans le même temps renforcer notre intégration internationale au bénéfice de nos entreprises et de l’emploi. Il faut pousser plus loin l’avantage de la France dans la mondialisation, sans crainte ni naïveté.

En France, nous n’arriverons pas à maintenir nos inégalités entre riches et pauvres si nous n’élargissons pas notre sphère d’influence. Afin de l’élargir et d’éviter de se faire racheter par les Chinois, les Quatari ou Goldman Sachs, la France doit produire plus et dépenser moins dans ses services publics. Il faut également que nous nous rapprochions d’autres pays dans l’espoir que cela fasse tourner nos entreprises et donnent du travail aux pauvres. Il faut que nous profitions de notre expérience dans la colonisation, sans peur mais en sachant que nous ne seront pas forcément les bienvenus.

A l’heure où le gouvernement a choisi de renforcer notre diplomatie économique, les ministères économiques que nous dirigeons entendent contribuer à un effort collectif au service des entreprises et de l’emploi, à la promotion d’un cadre économique et financier régulé et à la construction d’une mondialisation plus juste.

Maintenant que nous nous sommes donnés les moyens de faire du lobbying économique, nos ministères vont faire ce qu’il faut pour vous persuader d’accepter des réformes en faveur du privé, réformes telles qu’elles seront bien acceptées par le monde économique et qu’elles nous permettront de passer pour des humanistes.

 

 

Dans une économie mondialisée, notre pays peut compter sur ses champions nationaux. Ceux-ci, souvent avec le soutien de la puissance publique, ont déjà relevé le défi, pour gagner de nouveaux marchés et trouver des relais de croissance hors de nos frontières. Il est essentiel que leur succès soit conforté et entraîne également l’ensemble de notre tissu économique, ce qui suppose que leur lien au territoire national et à l’emploi persiste, et, notamment pour certains leaders internationaux, se renforce. Le gouvernement sera très vigilant sur ce point.

Sur le ring financier mondial, la France a ses champions de boxe. Ces multinationales, souvent subventionnées ou appuyées par notre diplomatie, ont déjà écrasé quelques concurrents locaux et commencé à spolier quelques pays de leurs propres richesses. Il faut que cela continue et que les autres s’en inspirent. A condition que leurs sièges sociaux, et donc leur taxes, restent en France. Il serait bien aussi que certaines multinationales relocalisent chez nous. Si elles ne le font pas, elles auront un mauvais point. Et au bout de 10 mauvais points, un avertissement écrit. Et au bout de 10 avertissements, un blâme. Mais en pratique, on ne peut rien leur dire.

 

Nous souhaitons en effet qu’un nombre croissant de PME et d’entreprises de taille intermédiaire soient en position de réussir le saut international et que le niveau des exportations – 430 milliards d’euros aujourd’hui – augmente, conformément à nos capacités productives. C’est un enjeu de création d’emplois sur nos territoires ; c’est un enjeu aussi de démocratie économique, pour que le plus grand nombre profite de la croissance du reste du monde.

Alors, il faut que ce soient les petites entreprises qui aillent chercher les sous ailleurs que chez nous. C’est le seul moyen de créer des emplois sans rien changer à notre système. Et, bien que ça ne nous ait pas gêné lorsque ça nous était favorable, c’est vraiment pas juste que ceux qui ont des sous maintenant les gardent rien que pour eux.

Notre performance extérieure est, d’abord et avant tout, une composante et une résultante de notre politique de compétitivité. Les réformes structurelles soutenues par le gouvernement sont désormais bien identifiées. Elles ne relèvent pas uniquement de la compétitivité intérieure, mais se concentrent également sur la compétitivité extérieure et un cadre de financements compétitifs. Pour renforcer l’impact commercial de l’offre française, nous encouragerons également les regroupements de nos entreprises à travers l’organisation à l’export de filières stratégiques en nous appuyant sur les régions.

Notre capacité à aller chercher des sous ailleurs que chez nous est d’abord liée à notre capacité à réduire les coûts. Nous savons ce que nous devons faire pour cela. Il ne s’agit pas d’agir seulement sur le territoire français mais à l’extérieur également. Pour damer le pion à vos concurrents nous vous conseillons de vous regrouper entre voisins de province.

 

 

Les instruments publics seront par ailleurs réorganisés pour accompagner les entreprises : suivi plus précis des grands contrats ; mobilisation d’Ubifrance ; action à l’export de la Banque publique d’investissement. Notre réseau diplomatique, enfin, apportera davantage encore son soutien résolu à la défense de nos intérêts et de nos positions économiques, sous l’impulsion du ministre des affaires étrangères.

On va mettre un max de pognon sur la table. Et on fera du lobbying par tous les moyens possibles.

Seul un effort collectif, conduit dans un dialogue permanent avec les entreprises et mobilisant l’ensemble des moyens publics disponibles, permettra d’atteindre l’objectif fixé par le premier ministre de réduire à zéro, en cinq ans, le déficit commercial de la France, hors énergie. Un plan d’action pour notre compétitivité extérieure, qui sera rendu public fin septembre, y contribuera.

Ce sera difficile mais si le Medef nous laisse tranquille et qu’on y met les sous, on arrivera à tenir un des gros trucs que l’on a promis lors de la campagne. Pour les détails pratiques, c’est pas encore fini fini mais on vous en dira plus bientôt.

Pour investir, recruter et se développer, les entreprises ont aussi besoin d’un cadre économique stable et protecteur. Il s’agit là d’une condition nécessaire afin de défendre notre modèle économique et social. La promotion d’une mondialisation ordonnée et équitable, assise sur des règles partagées par tous, est une priorité pour tout gouvernement soucieux de progrès collectifs.

Pour gagner des sous, nos entreprises ne peuvent pas évoluer dans des marchés sans foi ni loi comme ceux que nous avons conduits à instaurer dans les pays pauvres. Sinon elles vont se faire manger toutes crues. Un moyen d’arriver à instaurer ces règles collectives dont nous n’avons pas voulues avant est de qualifier d’archaïques ceux qui ne les voudraient pas.

Cette priorité suppose la mise en œuvre complète de l’agenda de régulation financière voulu par le président de la République, la lutte contre la corruption et les paradis fiscaux, l’élaboration de normes sociales et environnementales, et l’adoption des règles internationales en matière de financement des échanges. Il convient aussi de conduire nos partenaires à assumer les responsabilités correspondant à leur place croissante dans l’économie mondiale et à ne pas fermer leurs économies pour éviter des enchaînements dont l’histoire a montré qu’ils ne font qu’amplifier les crises.

Pour pouvoir les culpabiliser, nous nous proposerons tout un tas de règles qui nous donneront l’air exemplaire pour certaines, et qui interdiront à certains pays de soutenir leur économie pour d’autres. Il faut faire en sorte que ceux qui ont de plus en plus de sous ne les gardent pas trop pour eux. On a vu ce que ça a donné quand on l’a fait nous…

Une politique commerciale européenne fondée sur le principe de la réciprocité et sur des accords de partenariat équilibrés doit y contribuer. C’est pour nous un objectif majeur. Car c’est l’Europe, et l’Europe seule, qui, unie, pèsera suffisamment afin d’obtenir des avancées de la part des autres puissances mondiales, et qui est en mesure de construire un partenariat équilibré avec les puissances émergentes.

Et il faut commencer par demander des sous à l’Allemagne, via l’Europe. On ne peut agir que par l’Europe, parce que de toute façon, la France ne compte plus au niveau mondial. Surtout quand il s’agit de récupérer des sous chez les nouveaux riches..

Enfin, c’est de davantage de solidarité qu’a aujourd’hui besoin l’économie mondiale. Comme l’a affirmé le président de la République, la solution à la crise de l’Europe passe par l’intégration solidaire. C’est la voie à suivre pour favoriser la croissance et l’emploi, finalité de la réorientation engagée des politiques européennes. La même volonté s’applique sur le plan international : la réduction des déséquilibres internationaux et la croissance de l’économie mondiale passent par l’émergence progressive d’une mondialisation solidaire.

Il faut que les autres nous aident si on veut s’en sortir. C’est François Hollande qu’il l’a dit, et comme il est président, c’est donc vrai : Nos problèmes seront réglés par un nouveau concept qui fait passe bien pour dire : L’abandon des régulations nationale au profit d’une dérégulation supranationale. [Cf note de bas de page ] Faites-nous confiance, ça va nous faire gagner de l’argent et maintenir les inégalités, ce que recherchent tous les gouvernements de l’Europe. Et même du Monde ! On ne pourra encore presser un peu plus le citron que si on s’y met tous en même temps.

Cette solidarité concerne les pays en développement, bien sûr. Il ne s’agit pas ici de commisération mais de développement durable, mutuellement profitable. Nous devons jeter les bases d’un développement commun avec nos voisins du Sud – et d’abord avec le Maghreb et l’Afrique subsaharienne –, en analysant et en mettant au service de la croissance les multiples flux économiques qui nous relient à eux. Le quarantième anniversaire de nos accords de coopération monétaire avec les pays membres de la zone franc, en octobre, fournira l’occasion de nous projeter dans cet avenir commun.

Avec cette rhétorique, nous pourrions ranger à nos côtés les pays encore plus pauvres. Ça serait un gros avantage pour nous. De cette manière, nous pourrions nous diriger vers les pays du Sud les plus proches, le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, pour y exporter notre vision du capitalisme. À nous de voir comment nous pourrions mettre à notre service leurs économies. Pour ce faire, profitons de notre histoire coloniale.

Nos partenaires du Sud exigent de préserver leurs ressources naturelles et culturelles ; ils attendent nos investissements. Nos entreprises, attachées à la responsabilité sociale, peuvent porter un partenariat renforcé, dépassant l’horizon du libre-échange, et trouver ici de nouveaux marchés ou des compléments de compétitivité.

Ces pays ont hélas le toupet de vouloir se préserver de notre voracité et de notre impérialisme culturel. Mais ils veulent nos sous ! Nos entreprises, qui sauront se faire passer pour des humanistes grâce à leurs services de com’, pourront leur faire ravaler leurs exigences tout à fait légalement. Elles pourront leur vendre des choses dont ils n’ont pas encore besoin, ou encore, exploiter leur main-d’oeuvre pauvre et leurs ressources naturelles à moindre coût.

La mondialisation est une réalité, son iniquité n’est pas une fatalité. Nous pouvons l’influencer. Pour le faire, nous n’opposons pas emploi et ouverture. Nous sommes au début d’une nouvelle grande transformation, comparable à celle qui, naguère, a vu la démocratie sociale en réponse aux maux du capitalisme. Nous devons inventer, avec tous nos partenaires, un cadre et des institutions pour que la croissance mondiale soit plus forte et durable, humainement et écologiquement, pour que la mondialisation devienne enfin solidaire.¨

La mondialisation, on n’y peut rien. Mais on peut faire croire qu’elle n’est pas méchante et en profiter encore. En faisant ce qu’il faut pour montrer que nous essayons de l’influencer. Cessons d’opposer emploi et régulation dans nos discours. Ça va secouer pas mal dans les mois et les années qui viennent. Il n’y a pas très longtemps, en 1929, la solution de la crise, ça été la guerre et ensuite seulement la paix. Si on veut éviter ça, il va falloir qu’on persuade les autres de se retrouver tous autour de la table et qu’on impose autant que possible nos adaptations, histoire de pouvoir maintenir le système en place, tout en donnant l’impression de changer. Même si avant, on a toujours œuvré dans l’autre sens.

Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, et Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur.

Pierre Moscovici, ministre des sous qu’il n’y a plus et pas encore, et Nicole Bricq, ministre de l’import-export.


[Note] Donc probablement la fin du CDI,  que la plupart des banques et agents économiques prônent depuis pas mal de temps déjà. Voir la vidéo : http://www.lesmutins.org/Le-plan-de-bataille-des-financiers.html

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