Dassault Système

Dans  une interaction via réseau social , on m’a demandé mon avis sur tableau qui se trouve à cette adresse.

Et , en fait, je n’ai pas grand chose à apporter à l’article en question tant il me semble bien fait et rigoureux dans ses vérifications, sources à l’appui. Le travail de recherche et de vérification de faits a permis de produire un nouveau tableau.Ce qui était la meilleure chose à faire. Sur le fond, j’aurais seulement pu pointer cette incongruence d’agents communaux sortis d’on ne sait où sans savoir, de prime abord comment la vérifier.

Mais ce qui est intéressante, c’est que j’ai une méthode d’approche différente. Qui donne des résultats bien moins catégoriques mais qui demande aussi beaucoup moins de temps et de travail.

J’aurais cherché du côté de l’impartialité de l’informateur afin de juger du « taux raisonnable de fiabilité » à accorder à l’article. Dans ce cadre, il y a une question que je me pose donc directement : Qui produit l’info ? Qui la diffuse?  Dans ce cas, l’IFRAP et le Figaro

Pour le Figaro, c’est Serge Dassault, sénateur UMP, condamné pour corruption  et qui avait, semble-t-il, tendance à influencer les gêneurs de sa mairie de Corbeil-Essonne avec de l’argent… Peut-on imaginer que le journal qui lui appartienne, très officiellement lui, soit aux ordres? En fait, il le dit lui-même : Oui.

Par ailleurs, voyons le site de l’IFRAP, producteur des chiffres, et dirigeons nous directement vers les mentions légales (c’est souvent là qu’il y a les pépites.). Le directeur de publication est Olivier Mitterrand. Tiens, Mitterrand…–>Wikipedia mon ami : Olivier Mitterrand, promoteur immobilier (C’est mal parti), neveu de François (Celui qui a transformé le mot « socialisme » en cheval de troie du néolibéralisme.), élevé au rang d’officier de la légion d’honneur en 2010 par le Nicolas Sarkozy pendant que son frérot, Fréderic, était ministre de la Culture… Besoin d’aller plus loin ?

Avant même de toucher aux chiffres, et en 5 clics, compte tenu des conflits d’intérêts et capacités de malversations sur la chaine de production de l’information, il était possible d’imaginer un gros risque d’orientation des informations et donc de disqualifier considérablement l’article.

Ce faisant, je semble commettre ce qui, en rhétorique, s’appelle un empoisonnement de puit. C’est à dire considérer que la mauvaise conduite d’une personne dans un domaine teinte forcément tout ce qu’elle dit, voire en fait un menteur. L’empoisonnement de puit est un biais rhétorique assez grave et répandu. Néanmoins, je me défends de m’y livrer complètement. En effet, fouiner ainsi, non pas sur l’info en elle même mais sur les producteurs de celle-ci permet d’avoir une première idée de l’esprit dans lequel les info ont été transmises. ça ne remplace pas une vérification d’information mais cela permet de faire un premier tri, de juger, comme je le disais plus haut, du « taux raisonnable de fiabilité » à accorder à l’information, pour envisager de creuser ou de laisser passer. Et comme c’est souvent assez facile de procéder ainsi, le temps investi rapporte bien…

Dans ce cas précis, la vérification des faits permet de dire que ce n’est pas une simple manipulation mais de la pure falsification. CQFD. Merci les journalistes.

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